De la répression et des téléphones

Le mouvement GJ continue et…la répression aussi. Ce n’est pas un scoop ni une nouveauté, en tant que défense collective nous nous confrontons quotidiennement à la justice de classe.

Cependant, en tant que défense collective, nous essayons de développer des outils pour continuer la lutte et pour que notre rage ne soit pas muselée…

Sur les journaux d’aujourd’hui, une énième condamnation : 3 ans fermes pour violence contre des policiers !

Le but n’est pas ici de « jeter du discrédit sur une décision de justice » (nous avons appris ce week-end qu’on peut finir en garde-à-vue pour ça, comme c’est arrivé à trois camarades devant le palais de « justice » de Nîmes !), mais d’en tirer quelques réflexions utiles…

En tant que défense collective, ça nous intéresse pas de définir les responsabilités individuelles et encore moins de classifier les manifestants entre gentils et méchants. Les actions au sein de la lutte sont celles d’un mouvement social collectif et c’est ça qui compte. Alors qu’on soit innocent ou coupable, ce n’est pas la question…

Du coup, on ne reviendra pas sur les faits qui ont conduit un gilet-jaune à se voir privé de sa liberté. Par contre, les moyens qui ont été utilisés pour appuyer le jugement méritent réflexion.

répression autodéfense numérique
..

En effet, la personne inculpée a été jugée coupable sur la base…de son téléphone !

L’article, paru dans la presse nationale, dit que l’enquête s’est saisie de vidéos sur le téléphone du prévenu.

Celui-ci aurait filmé des engins explosifs artisanaux en forêt – dans un contexte totalement étranger aux faits. Des échanges personnels sur la passion pyrotechnique de l’accusé, trouvés sur le smartphone, auraient constitué la preuve majeure pour l’inculper….

Comme quoi, ce n’est pas du tout anodin de filmer ses occupations du dimanche…ou mieux, comme quoi c’est bien dangereux un téléphone.

En avoir conscience fait partie de la défense collective, car malheureusement, la répression du mouvement s’est gavée de fichiers numériques personnels pour inculper les gilets-jaunes.

Alors, voici quelques conseils pour éviter que nos données personnelles servent contre nous :

  • éviter d’aller en manif avec son téléphone→ c’est éviter que nos données personnelles tombent en de mauvaises mains !
  • Si toutefois on ne peut pas s’en séparer :

→ protéger son téléphone par le chiffrement (d’office sur les Android à partir de la version 9 et pour Apple) et des applis de sécurité ;

→ penser à l’éteindre en cas d’arrestation ;

→ n’avoir rien à déclarer concernant son PIN ou son code c’est tout à fait légitime !

  • Si on partage des photos prises par le téléphone, penser à protéger notre vie privée en effaçant les métadonnées (avec l’application Scrambled Exif, par exemple) ;
  • être conscient qu’avoir un vieux téléphone (non smartphone) ne protège pas du bornage et de la triangulation (savoir où une personne se trouve), ni  d’avoir facilement accès à la liste des appels/SMS reçus/envoyés (éventuellement de leurs contenus, en cas d’enquête et mise sous écoute).
  • C’est bien aussi de rappeler que toute donnée effacée ne l’est pas irrémédiablement (un peu comme si on effaçait une phrase écrite au crayon sur une feuille…ils restent pas mal de traces qui rendent possible de retrouver ce qu’il y avait marqué). Sur ordi comme sur téléphone, il y a des applications pour effacer définitivement les contenus (wipe pour GNU/Linux, Shredder pour PC et pour Android).

    audofefense-numérique
    On a tous notre vie privée à cacher et protéger !!

Pour plus d’informations, voici une liste des applis et des logiciels utiles.

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